Qu’est-ce que le 2ème pilier ?
Le 2ème pilier est obligatoire pour les salariés dont le revenu annuel dépasse le seuil minimum (CHF 22’680 en 2026). Les cotisations sont partagées entre l’employé et l’employeur, puis versées à une institution de prévoyance (caisse de pension).
Ce système d’épargne repose sur le principe de capitalisation : les cotisations versées sont investies et génèrent un avoir personnel.
Situations donnant droit à un retrait
1. Retrait ordinaire à la retraite
La situation la plus courante est le retrait au moment du départ à la retraite. À l’âge légal de la retraite (65 ans), l’assuré peut percevoir son avoir sous forme de rente viagère, de capital unique, ou d’une combinaison des deux si le règlement de sa caisse le permet. L’assuré est légalement en droit de demander le retrait d’au moins 25 % de son avoir obligatoire sous forme de capital.
Le choix de percevoir tout ou partie du capital au lieu d’une rente doit être formulé par écrit dans un délai défini par la caisse (souvent 1 à 6 mois avant la retraite). Une fois ce choix effectué, il est irrévocable.
2. Retrait anticipé pour départ à la retraite
La plupart des caisses de pension permettent un départ anticipé à partir de 58 ans. Dans ce cas, l’assuré peut demander une rente anticipée ou un versement en capital selon les conditions du règlement de sa caisse. Une anticipation réduit généralement le montant de la rente en raison de l’application d’un taux de conversion adapté.
3. Retrait pour l’achat d’un logement en résidence principale
La Loi sur le libre passage (LFLP) autorise l’utilisation du capital du 2ème pilier dans le cadre de l’encouragement à la propriété du logement (EPL) : pour l’achat, la construction, des travaux, ou le remboursement de l’hypothèque d’une résidence principale. Deux options sont possibles :
- Retrait anticipé : Une partie ou la totalité de l’avoir est versée pour financer le bien.
- Mise en gage : Le capital reste dans la caisse de pension mais sert de garantie auprès de la banque pour augmenter la capacité d’emprunt.
- Le bien immobilier doit impérativement servir de résidence principale (et non de résidence secondaire ou d'investissement locatif).
4. Départ définitif de la Suisse
En cas de départ définitif de la Suisse vers un pays non membre de l’UE/AELE, l’assuré peut demander le versement en capital de l’intégralité de son avoir LPP.
En revanche, en cas de déménagement vers un pays membre de l’UE ou de l’AELE, seule la part surobligatoire peut être retirée en capital ; la part obligatoire est transférée sur un compte de libre passage. Une preuve formelle de la radiation de la commune et du nouveau domicile à l’étranger est exigée.
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5. Lancement d’une activité indépendante
Sous quelle forme percevoir ses avoirs à la retraite ?
À l’arrivée à la retraite, le choix entre rente viagère et versement en capital (ou une combinaison des deux) emporte des conséquences majeures :
- Combien puis-je retirer en capital ? La loi garantit le retrait en capital d'au moins un quart (25 %) de l’avoir obligatoire. Beaucoup de caisses permettent de retirer davantage, voire la totalité (100 %), si leur règlement le prévoit.
- Avantages du capital : Offre une plus grande flexibilité patrimoniale, permet d'amortir une hypothèque ou d'organiser sa succession (le solde du capital est transmis aux héritiers, contrairement à la rente qui s'éteint ou ne reverse qu'une partie au conjoint survivant).
- Inconvénients du capital : Nécessite de gérer soi-même son épargne sur la durée et de supporter le risque de longévité, contrairement à la sécurité d'une rente versée à vie.
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Fiscalité du retrait en capital (Résidents suisses)
- Lieu d'imposition : Pour un résident suisse, l’impôt est perçu par le canton de domicile au moment du versement.
- Disparités cantonales : Le montant varie fortement selon le canton et la commune de résidence. Plus le capital est élevé, plus le taux effectif augmente en raison de la progressivité du barème.
- Règle des 3 ans sur les rachats : Les rachats effectués pour combler des lacunes sont déductibles du revenu imposable. Toutefois, pour conserver cet avantage fiscal, tout retrait en capital (EPL, retraite, etc.) doit être évité dans les 3 ans qui suivent le rachat.
- Optimisation : Échelonner les retraits sur des années civiles différentes (par exemple en séparant le retrait du 2ème pilier et celui d'un compte 3ème pilier) permet de lisser la progressivité de l'impôt.
Comment effectuer la demande ?
- Avertir la caisse : La demande de versement en capital doit généralement être formulée par écrit au moins 6 mois avant la date effective, selon le règlement de l'institution.
- Accord du conjoint : Si vous êtes marié(e) ou lié(e) par un partenariat enregistré, la signature du conjoint légalisée (par un notaire ou devant un officier d'état civil) est obligatoirement requise par la LPP pour tout retrait en capital.
- Cas du libre passage : Pour les avoirs stockés sur des comptes ou polices de libre passage, la demande s’effectue directement auprès des fondations concernées en joignant les justificatifs requis.
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Questions fréquentes
Quelles sont les conditions générales pour pouvoir retirer son 2ème pilier ?
Est-il possible de combiner une rente et un retrait en capital ?
Oui. Vous pouvez par exemple choisir de retirer 50 % de votre avoir sous forme de capital pour réaliser un projet ou désendetter votre logement, et percevoir le solde sous forme de rente mensuelle viagère. Vérifiez les options proposées dans le règlement de votre caisse.
Quel est le délai pour annoncer mon choix de retrait en capital à ma caisse ?
Les délais varient selon les institutions de prévoyance, allant généralement de 1 à 6 mois avant la date de votre départ effectif à la retraite.
Certaines caisses imposent même une annonce jusqu’à 3 ans à l’avance. Il est essentiel de consulter le règlement de votre caisse suffisamment tôt : si le délai est dépassé, l’option du capital peut être définitivement perdue au profit d’une rente.
L'accord de mon conjoint est-il obligatoire pour retirer le capital ?
Oui, absolument. Si vous êtes marié(e) ou lié(e) par un partenariat enregistré, la loi (LPP) exige l’accord écrit de votre conjoint pour tout retrait en capital (que ce soit pour la retraite, la propriété du logement ou un départ). La signature doit être légalisée (par un notaire ou auprès de l’état civil) pour éviter toute contestation.
Que devient mon 2ème pilier si je décède avant d’avoir pris ma retraite ?
Si vous décédez avant la retraite, votre capital est définitivement cédé à la caisse de pension, qui versera des prestations pour survivants (rente de conjoint/partenaire, rentes d’orphelins).
Puis-je utiliser mon 2ème pilier pour financer une résidence secondaire ou du locatif ?
Non. Le retrait ou la mise en gage au titre de l’encouragement à la propriété du logement (EPL) est strictement réservé à l’acquisition, la construction ou la rénovation de votre résidence principale (le logement que vous occupez vous-même au quotidien). Les résidences secondaires, de vacances ou les immeubles de rendement en sont strictement exclus.
Comment est imposé le retrait du 2ème pilier pour un résident suisse ?
Le capital retiré subit un impôt sur les prestations en capital. Cet impôt est séparé du reste de vos revenus et calculé à un taux préférentiel réduit. Il est prélevé au niveau fédéral, cantonal et communal en fonction de votre lieu de domicile au moment du versement. Les barèmes étant très progressifs et variables d’un canton à l’autre, des stratégies d’échelonnement des retraits sont souvent recommandées.